Discrimination, harcèlement, intimidation… Uber licencie 20 salariés après des plaintes

27 juin 2017

L’entreprise américaine affirme avoir reçu plus de 200 plaintes en interne.

Une culture d’entreprise sexiste et violente. Depuis le début de l’année, Uber fait l’objet de sévères critiques ayant mené à l’ouverture d’une enquête interne. L’application de réservation de voitures avec chauffeur veut montrer qu’elle ne reste pas les bras croisés face au scandale. Uber a ainsi annoncé mardi avoir renvoyé 20 personnes à la suite de plus de 200 plaintes en interne.

« Nous avons enquêté sur 215 plaintes au total, qui étaient liées à de la discrimination, du harcèlement sexuel, des comportements déplacés, de l’intimidation, du harcèlement, des mesures de rétorsion ou bien relatives à des questions de sécurité », a indiqué à l’AFP un porte-parole du numéro un mondial de la réservation de voitures avec chauffeur.

« Les plaintes émanaient de salariés du monde entier mais la plupart venaient de personnes basées à San Francisco », où se trouve le siège de l’entreprise.

Hémorragie de dirigeants

Le directeur technique d’Uber Amit Singhal avait démissionné fin février , contraint au départ pour avoir caché la plainte pour harcèlement sexuel qui l’avait visé chez Google, où il travaillait auparavant. A ce moment-là, Uber était déjà accusé par certains employés de tolérer une culture sexiste, violente et de débauche.

Tout a commencé lorsque Susan Fowler, une ingénieure ayant travaillé jusqu’à la fin 2016 pour Uber, a publié un article sur son blog personne l expliquant pourquoi elle avait quitté la société. Elle affirme avoir été victime de harcèlement sexuel et dénoncé le sexisme qui règne au sein de l’entreprise. Le patron-fondateur d’Uber, Travis Kalanick, avait alors annoncé une « enquête urgente ».

En juin 2016, une levée de fonds valorisait Uber 68 milliards de dollars. Mais la société californienne est dans la tourmente. En plus des controverses avec ses propres chauffeurs, les taxis et les villes, elle accumule aussi les pertes : elles ont atteint 2,8 milliards de dollars l’an dernier. Et la démission en cascade de dirigeants depuis le début de l’année n’est pas de nature à rassurer sur la situation du groupe.
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