Doit-on réécrire la Constitution en faveur de l’égalité des sexes ?

Oui, répond le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui suggère notamment de remplacer l’expression « droits de l’homme » par « droits humains ».

Doit-on réécrire la Constitution en faveur de l’égalité des sexes ? C’est la recommandation qu’émet le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans un avis rendu public ce mercredi 18 avril. La révision constitutionnelle annoncée est « une opportunité de reconnaître encore davantage l’égalité entre les femmes et les hommes comme principe fondamental de l’organisation des pouvoirs publics et de notre société », écrit le HCE dans cet avis.

Le Haut Conseil émet au total neuf recommandations « pour une Constitution garante de l’égalité femmes-hommes ». Parmi elles, elle suggère de remplacer l’expression « droits de l’homme » par « droits humains », formulation utilisée selon lui « par la plupart des pays francophones ».

Liberté, égalité… solidarité ?

L’instance recommande de « recourir à une écriture égalitaire », en utilisant la double flexion (« les ambassadeurs et ambassadrices »), des termes épicènes (« l’électorat ») ou le point médian (« les député.e.s »). Elle propose également de « conduire une réflexion sur l’usage du terme ‘fraternité' » dans la devise de la République, suggérant des alternatives comme « adelphité » ou « solidarité ».

Plusieurs recommandations visent à « garantir le partage du pouvoir à égalité », par exemple en écrivant « la loi ‘garantit’ – et non plus ‘favorise’ – l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives […] ».

Droit à une vie sans violence sexiste

Afin de « garantir de nouveaux droits fondamentaux », le Haut Conseil recommande également d’insérer un nouvel alinéa dans le préambule de la Constitution, disant que « la République garantit le droit à la contraception et à l’avortement, ainsi que le droit à une vie sans violence sexiste et sexuelle ».

Il suggère également de « reconnaître le principe de la budgétisation sensible au genre, à l’instar de la Constitution autrichienne », notamment en ajoutant que les lois de finances et de programmation « s’inscrivent dans l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes ».

Source : https://www.nouvelobs.com/societe/20180418.OBS5358/doit-on-reecrire-la-constitution-en-faveur-de-l-egalite-des-sexes.html

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