Notre cerveau aime les stéréotypes !

3 novembre 2016

Les recherches en psychologie et en neurosciences montrent que notre cerveau à une préférence pour les raccourcis face à la complexité inaccessible de la réalité. Notre cerveau est donc conditionné pour adhérer aux stéréotypes. Explication rapide, simple, s’appliquant dans de nombreuses situations, le stéréotype est la solution cognitive pour appréhender la réalité sans s’encombrer de sa diversité !

Sauf que ses conséquences sont dramatiques pour la vie en société : violences, inégalités, discriminations, notre histoire est remplie de drames directement issus des stéréotypes.

Cette préférence pour le stéréotype nécessite de déployer des moyens importants pour les déconstruire et les mettre en échec. Pour un stéréotype d’une demi-phrase, il faudra toujours un argumentaire d’au moins une demi-page pour le déconstruire méthodiquement. Et à l’heure de la communication instantanée en 140 signes, il faut user d’inventivité pour faire exister un contre discours remettant de la complexité.

Dans les entreprises, l’accélération des rythmes rend les demi-journées de formations compliquées à réaliser, d’autant plus pour déconstruire du stéréotype qui, à première vue pour beaucoup, n’apporte pas de valeur ajoutée immédiate !

Comment déconstruire des stéréotypes dans ce contexte ?

Tout d’abord, on néglige souvent l’impact d’une campagne interne. S’appuyer sur des visuels forts, des infographies, mettre en avant du positif dans une vidéo courte, utiliser la bande dessinée… De nombreux supports moins onéreux qu’une multitude de formations à 15 personnes peuvent avoir un effet équivalent, voire supérieur.

Une autre solution efficace consiste à mettre les gens face à leurs préjugés. Pour cela, le test d’association implicite est une solution efficace qui fait prendre conscience en cinq minutes à quelqu’un qu’il a potentiellement des préjugés sur une catégorie de personnes. La prise de conscience effectuée, la majorité des personnes chercheront à s’améliorer, car c’est aussi le propre de notre cerveau : il aime apprendre.

Enfin, une dernière piste est celle du collectif. Le stéréotype est puissant quand il est partagé et non remis en cause par le groupe. Créer les conditions d’une inversion de la norme, c’est-à-dire faire en sorte que le stéréotype soit contesté dans les interactions quotidiennes, s’avère très efficace.

Il existe de nombreuses autres solutions pour s’attaquer aux stéréotypes, le tout est de s’y atteler en s’adaptant à nos propres mécanismes cognitifs.

Etienne Allais
Source:  http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-162185-notre-cerveau-aime-les-stereotypes-2040048.php?22gwZmssKbDJil3j.99